Voici six longues années qui m’éloignent de toi. Tout ce temps passé sans te voir, te parler, t’entendre rire, te toucher, te sentir. Comme je déteste ce mois de février. Il me fait si peur chaque année...
Les jours se suivent mais ton absence m’est toujours insupportable. Je souffre en silence car je ne peux partager ma douleur avec quiconque… Je me sens si seule avec cette peine qui m’envahit. Ces mots sont pour toi, pas pour ceux qui m’entourent. C’est une souffrance qu’on ne partage pas. Elle est là, présente au fond de moi, et elle me quittera le jour où à mon tour, je partirai te rejoindre.
A part moi, ton père ou ton frère, qui peut encore souffrir de ton départ… Après toutes ces années passées, certains t’ont oublié. Ils continuent leur vie comme si rien ne s’était passé, comme si tu n’avais jamais existé. Je ne peux m’y résoudre, et cette pensée me fait souffrir davantage. Je crois qu’il n’existe pas de souffrance aussi pénible sur cette terre que de voir partir son enfant. Je leur demande un instant d’imaginer ce qu’il ferait et ce qu’il ressentirait alors s’il leur arrivait la même chose. Pourtant, imaginer n’est rien, le vivre est intolérable.
Depuis ce 8 février, j’ai grandi avec ton absence, je l’ai apprivoisée. Je continue le chemin sans toi à mes côtés, entourée de personnes que j’aime. Les autres, ceux rongés pas la jalousie, par la méchanceté, par la bêtise, je les ai mis à l’écart. Je ne les supporte plus, je fuis les discordes, les mensonges, la haine. Je veux aujourd’hui une vie sereine, calme avec toi blotti au fond mon cœur, à tout jamais. Je t’aime tellement mon garçon que rien à côté n’a plus d’importance. Je voudrais tant que ces mots te parviennent, que mes milliers de bisous effleurent tes joues. Je voudrais que tu saches à quel point je t’aime et que tu me manques. Sois en paix mon ange.
Maman